Frise chronologique
1493-1497
Construction de l'hôtel
Construction de l'hôtel
1493-1497 (≈ 1495)
Bâti par Pierre Delfau sur des terrains incendiés en 1463.
1507
Décès de Pierre Delfau
Décès de Pierre Delfau
1507 (≈ 1507)
Transmission à son fils Jean Delfau.
1618-1623
Propriété de François de Papus
Propriété de François de Papus
1618-1623 (≈ 1621)
Conseiller au Parlement de Toulouse.
XVIIe siècle
Rénovations majeures
Rénovations majeures
XVIIe siècle (≈ 1750)
Ajout de galeries et modification de la façade.
1925
Classement monument historique
Classement monument historique
1925 (≈ 1925)
Inscription complète de la maison.
2001
Restauration de la façade
Restauration de la façade
2001 (≈ 2001)
Travaux sur la rue de la Bourse.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La maison : inscription par arrêté du 16 juillet 1925
Personnages clés
| Pierre Delfau - Marchand pastelier et commanditaire |
Fait construire l’hôtel entre 1493 et 1497. |
| Jean Delfau - Fils et héritier de Pierre |
Propriétaire jusqu’en 1536. |
| François de Papus - Conseiller au Parlement |
Propriétaire en 1618 avant revente. |
| Édouard Dulaurier - Orientaliste (XIXe siècle) |
Aura habité l’hôtel selon les sources. |
| Jean-Louis de Cayras - Avocat (XVIIe siècle) |
Propriétaire pendant un siècle (famille). |
Origine et histoire
La maison de Pierre Delfau, située au 20 rue de la Bourse à Toulouse, est un hôtel particulier construit entre 1493 et 1497 pour le marchand pastelier Pierre Delfau. Ce dernier, aspirant à devenir capitoul (magistrat toulousain), érige une demeure reflétant son ambition sociale, avec des détails architecturaux nobles comme un écusson vide destiné à des armoiries futures. L’hôtel, typique des demeures gothiques toulousaines, conserve sa boutique d’origine, voûtée et ornée de sculptures d’anges. La cour intérieure, conçue comme une cour d’honneur, mêle fenêtres à croisillons du XVe siècle et galeries du XVIIe siècle.
L’histoire de la maison est marquée par une succession de propriétaires influents : après la mort de Pierre Delfau en 1507, elle passe à son fils Jean, puis à des marchands, banquiers et conseillers au Parlement, comme François de Papus en 1618. Au XVIIe siècle, la façade est remaniée avec des éléments Renaissance tardive, tandis que la tour heptagonale de 22 mètres, abritant un escalier à vis de 84 marches, reste un vestige gothique remarquable. La porte de la tour, surmontée d’une niche vide et d’un écusson soutenu par des anges, témoigne du statut marchand de ses premiers propriétaires.
Classée monument historique en 1925, la maison échappe aux destructions du XIXe siècle, comme l’élargissement de la rue de la Bourse. Au XXe siècle, elle est restaurée (notamment en 2001) et abrite depuis 1999 une boutique de vêtements teints au pastel, perpétuant son lien avec le commerce. L’orientaliste Édouard Dulaurier y aurait vécu, ajoutant une dimension intellectuelle à son histoire. Les voûtes gothiques de la boutique, les fenêtres à croisillons et la tour escalier en font un témoignage unique de l’architecture civile toulousaine de la fin du Moyen Âge.
Les sources historiques, comme les travaux de Jules Chalande (1919) ou Rémi Papillault (1996), soulignent son importance patrimoniale. L’hôtel illustre aussi les transformations urbaines de Toulouse, entre incendie de 1463 (qui rasera les terrains avant sa construction), ambition marchande et adaptations architecturales aux goûts des siècles suivants. Aujourd’hui, il incarne la transition entre le gothique flamboyant et la Renaissance dans le sud-ouest de la France.